La viande cultivée séduit davantage les jeunes dans la vingtaine et le début de la trentaine

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L’étude réalisée en Belgique par IPSOS, à la demande de GAIA, confirme que la viande cultivée séduit surtout les jeunes. Dans le groupe des 18 à 34 ans, 55 % des personnes interrogées ont répondu qu’elles avaient une opinion positive concernant la viande cultivée. Dans le groupe des plus de 34 ans, cet avis positif est partagé par 40 % des répondants, soit un pourcentage plutôt bon mais nettement inférieur. Les personnes les plus opposées à la viande cultivée, ou ne voulant pas en entendre parler, se retrouvent surtout dans le groupe des plus de 55 ans. Le sondage IPSOS montre que les groupes de la vingtaine et des jeune trentenaires comptent très peu d’opposants à cette technologie.

Malgré les nombreuses différences culturelles dans le monde en matière de nourriture, c’est souvent le critère de l’âge qui apparaît dans les analyses sur la perception sociétale de la viande cultivée. L’attitude des jeunes vis-à-vis de cette technologie fait d’ailleurs l’objet d’un examen plus approfondi, notamment via une étude allemande qui a été publiée cette année. Lors de cette étude, des élèves âgés de 9 à 19 ans et fréquentant une école près d’Osnabrück ont reçu plusieurs questions et photos (d’un hamburger, accompagnées d’explications) sur lesquelles ils pouvaient donner leur avis. Seuls 22 % des élèves ont indiqué qu’ils avaient déjà entendu parler de la viande cultivée, mais ils ont été 56 % à vouloir goûter le hamburger. Et plus les élèves étaient âgés, plus ils se sont dits curieux d’y goûter. Ces résultats correspondent à l’attitude générale des jeunes face à la nourriture et aux nouveaux goûts : entre 10 et 15 ans, l’influence des parents diminue et les jeunes recherchent leurs propres expériences alimentaires. Et ces expériences déterminent les habitudes alimentaires de leur vie adulte. À mesure que la viande cultivée gagnera en disponibilité et en popularité, les jeunes grandiront à son contact et la considéreront comme un produit tout à fait normal. Elle pourra alors devenir un composant ordinaire de notre alimentation.

Une autre étude récente a cependant abouti à des résultats différents : des chercheures australiennes ont examiné à la loupe la « génération Z » à Sidney, soit la génération des personnes nées entre 1995 et 2010. L’enthousiasme des jeunes de Sidney semble faible : seuls 28 % des répondants se sont dits prêts à manger de la viande cultivée. Les chercheures reconnaissent elles-mêmes que la formulation de la question a peut-être provoqué cette réponse négative (la viande cultivée est par exemple décrite comme de la « viande fabriquée en laboratoire »). Mais elles soulignent également le fait que les jeunes ignorent comment la viande conventionnelle est produite. Il existe aussi un sentiment de fierté nationale concernant la viande australienne, ce qui serait un autre facteur. À cet égard, les études de consommation partagent une autre conclusion : plus les gens sont informés au sujet des nouveaux aliments, plus ils y sont favorables. Les chercheurs des études allemande et australienne plaident donc en faveur d’une meilleure instruction à l’école à propos de la production de viande sous toutes ses formes.

L’étude allemande en question : « Attitudes and acceptance of young people toward the consumption of insects and cultured meat in Germany » par les chercheurs Jacqueline Dupont et Florian Fiebelkorn.

L’étude australienne en question :  « Cultured Meat and Australia’s Generation Z » par les chercheures Diana Bogueva et Dora Marinova.

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