2020 était décidemment l’année des « premières fois »

C’est ce qu’affirme un rapport international sur la viande cultivée rédigé par le Good Food Institute, une ONG basée aux États-Unis. Car, pour la toute première fois, un pays a autorisé la commercialisation de viande cultivée sur son territoire. Pour la toute première fois, un chef d’État a goûté de la viande cultivée. Pour la toute première fois, des restaurants servant des plats à base de viande cultivée ont ouvert leurs portes. Pour la toute première fois enfin, un géant de la restauration, en l’occurrence KFC, a lancé un partenariat en vue de remplacer sa viande de poulet conventionnelle par de la viande cultivée.

Désormais, plus de 70 entreprises sont actives dans le domaine, une quarantaine d’entre elles se consacrant au développement d’infrastructures et à la production de matières premières.

Le Good Food Institute publie régulièrement un compte rendu de l’état de l’industrie de la viande cultivée, lequel examine en détail les entreprises du secteur et leur environnement afin de jauger les évolutions de cette jeune industrie. Le dernier rapport en date a été publié en mai.

Comme l’indique clairement le titre de cet article, l’année 2020 a été marquée par plusieurs avancées majeures. Commençons par la première autorisation de commercialisation de viande cultivée jamais octroyée par un gouvernement. Petit État peu agricole, Singapour dispose d’une réglementation ouverte à l’innovation, notamment dans le domaine alimentaire. La cité-État est d’ailleurs souvent pionnière en matière d’autorisation dans celui-ci.

Le rapport du Good Food Institute, en plus de souligner l’importance de cette première autorisation de commercialisation, mentionne d’autres faits majeurs qui témoignent de la maturité grandissante du secteur. Désormais, plus de 70 entreprises sont actives dans le domaine, une quarantaine d’entre elles se consacrant au développement d’infrastructures et à la production de matières premières. Plusieurs entreprises ont ouvert leur propre usine pilote afin de produire les premiers lots — quoiqu’à une échelle encore limitée. Des investissements records ont de nouveau été réalisés : 350 millions de dollars en 2020, soit environ le double de ce qui avait été investi précédemment. Ces investissements sont bien entendu indispensables à l’avènement d’une commercialisation de viande cultivée d’envergure. Sont également devenus une réalité les premiers financements publics au profit de la viande cultivée, tant aux États-Unis qu’en Europe. Une part importante de ces financements a d’ailleurs été réalisée ici même, en Belgique, grâce à la médiation de GAIA. (lien vers l’article).

Bien sûr, le rapport ne manque pas de pointer les obstacles qu’il reste à franchir. Un premier constat est qu’en dépit de toutes ces percées, des défis demeurent, tant sur le plan technique qu’économique. Pour que la viande cultivée puisse être commercialisée à grande échelle, son coût de production doit être suffisamment bas. Selon le rapport, la viande cultivée est en passe de devenir compétitive face à la viande d’abattage, mais nous n’en sommes pas encore là. Par ailleurs, le soutien financier des gouvernements pourrait être plus important : les financements publics au profit du secteur de la viande cultivée ne représentent encore qu’une fraction des sommes faramineuses dont jouit le secteur de l’élevage industriel. Il va sans dire qu’un changement à cet égard rendrait la viande cultivée plus compétitive face à la viande provenant d’animaux abattus.

Lien vers le rapport du GFI : https://gfi.org/industry/

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