Reportage chez Mosa Meat, pionnier de la viande cultivée

Aux Pays-Bas, les équipes de Mosa Meat ont créé le premier burger de bœuf à partir de cellules de l’animal. Découvrez comment produire de la viande, la conscience tranquille.

Mark Post with burger

En 2013, le scientifique néerlandais Mark Post, le co-fondateur de Mosa Meat, faisait sensation en dégustant le premier hamburger produit à base de cellules souches… sans jamais passer par les mains d’un boucher. Né de ses recherches à l’université de Maastricht, ce morceau de viande a coûté 250.000 euros. Cette petite révolution techno-gastronomique justifie son coût : il aura fallu près de 3.000 lanières de viande issues de cellules souches de vache pour composer les 140 grammes du premier steak haché garanti « sans souffrance animale ».

Depuis, dans la banlieue de Maastricht, les équipes de Mosa Meat travaillent d’arrache-pied pour améliorer la formule :

On s’obstine surtout à rajouter du gras, en reprogrammant certaines cellules. Lorsqu’elle sera enfin commercialisée, notre viande cultivée ne contiendra ni antibiotiques, ni hormones de croissance, ni OGM, ni aucun sérum fœtal.

Pr. Mark Post
Directeur des recherches de Mosa Meat

S’il place la barre si haut, c’est parce qu’il en est persuadé: « d’ici deux à trois ans », on vendra de la « clean meat » (viande propre) dans les boutiques et les restaurants. Mais avec une différence : là où le tout premier « burger cultivé » coûtait 250.000 euros, son coût passera à 10 euros l’unité.

De plus en plus répandu, le procédé permet de produire de la viande biologiquement identique à la viande issue de l’élevage conventionnel. « En ce moment, nous utilisons 70% de toute notre capacité agricole à développer l’élevage du bétail, explique Mark Post. L’élevage conventionnel tue la planète et les animaux. Nous allons avoir besoin de solutions de rechange », explique-t-il. Mais selon Mosa Meat, les économies d’échelle sont immenses :

Une seule goutte de cellules souches suffit à produire des tonnes de viande. Mais si on décide de prélever toutes les cellules musculaires d’un seul animal, cela suffirait à reproduire l’équivalent, en viande, de 440.000 animaux.

Pr. Mark Post
Directeur des recherches de Mosa Meat

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