GAIA visite Aleph Farms

Le jeudi 19 septembre, GAIA a fait une visite exceptionnelle. Avec plusieurs journalistes, nous avons été reçus par l’entreprise Aleph Farms, son CEO Didier Toubia et son équipe. L’entreprise israélienne Aleph Farms ne développe pas uniquement de la viande de culture. Elle tente de faire un vrai steak sans la moindre souffrance animale. La plupart des start-up se concentrent sur des produits à base de viande simples tels que hamburgers et haché. Aleph Farms s’oriente directement vers la structure carnée complexe d’un steak, le Saint-Graal dans le monde de la viande. 

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GAIA suit les évolutions de près. Non pas que nous souhaitions que les végétariens et végétaliens mangent à nouveau de la viande. Mais plutôt par souci des milliards d’animaux qui seront encore abattus au cours des prochaines années. Bien qu’un avenir purement végétal semble séduisant, la réalité reste toutefois encore bien différente. L’appétit pour la viande augmente d’année en année dans le monde entier. Il s’agit donc d’avoir une meilleure qualité de viande que celle, épouvantable, que nous avons aujourd’hui. La mission d’Aleph Farms est claire : 56 milliards d’animaux sont abattus chaque année, ce chiffre doit diminuer de manière drastique. Pour la viande de culture, des cellules sont prélevées – sous anesthésie – sur des animaux ; une seule biopsie doit produire sans douleur des milliers de tonnes de viande en laissant les cellules se multiplier dans des bioréacteurs.

Aleph Farms n’est pas seulement unique de par sa quête d’une version de culture du steak. L’entreprise a reçu des journalistes belges pour mettre l’idée à l’épreuve : ils ont pu goûter le steak et donner leur avis. Certes, il s’agissait d’un prototype et d’une portion limitée, mais ils font désormais partie du groupe de privilégiés à avoir pu goûter cette toute nouvelle viande de culture. La RTBF, Het Laatste Nieuws, Le Soir, Le Vif/L’Express et le magazine économique Trends ont déjà publié leur évaluation. Durant la dégustation, les réactions ont varié de « la base y est » à « c’est bluffant ».

Bien qu’un avenir purement végétal semble séduisant, la réalité reste toutefois encore bien différente.

Hermes Sanctorum

La plupart des entreprises de culture de viande visent d’abord des produits simples pour le marché américain et asiatique. Aleph Farms navigue à contre-courant : l’entreprise veut lancer un vrai steak sans souffrance animale dès 2022 en Europe. Le produit sera d’abord disponible dans les restaurants et, au début, il sera plus cher que de la viande conventionnelle. Mais l’entreprise estime que cela changera rapidement. Lorsque le premier hamburger de viande de culture a été présenté en 2013, c’était en effet encore un projet de plusieurs milliers de dollars. Les morceaux de viande de bœuf non abattu qui nous ont été servis coûtent aujourd’hui 50 dollars chacun.

Aleph Farms tient à souligner l’importance qu’elle accorde au caractère naturel de ses produits. La viande de culture est fabriquée sans utiliser le corps d’un animal, mais les processus biologiques sont les mêmes que ceux de l’animal. L’entreprise ne fait aucune modification génétique, n’utilise aucun antibiotique et veut associer des agriculteurs à l’histoire de la viande de culture. Ou, comme le prédit le CEO Didier Toubia : « Nous n’avons pas seulement besoin des agriculteurs pour que la viande de culture soit un succès. La viande de culture doit également être une alternative aux carrousels financiers auxquels les agriculteurs sont confrontés. »

Enfin, détail intéressant pour les personnes qui se préoccupent de la souffrance pendant l’abattage sans étourdissement : le steak est-il casher ? Didier Toubia mange lui-même casher et mangerait ce steak avec beaucoup de plaisir.

Credits fotos: Afik Gabay

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