3 questions à Paul Shapiro

« Ce n’est pas un substitut chimique ou végétal, c’est de la vraie viande »

Auteur et activiste américain engagé pour la cause animale depuis plus de vingt ans, Paul Shapiro a mené une enquête approfondie sur la viande cultivée, exposée dans l’ouvrage « Clean Meat », paru en français aux Éditions Luc Pire.

1. Vous êtes un défenseur de la cause animale, végétarien de longue date. Comment en êtes-vous venu à défendre la viande cultivée ?

Nous sommes 7,5 milliards d’êtres humains et, d’ici à 2050, nous serons 10 milliards. La Terre ne grandit pas. Mais l’empreinte de l’humanité, si. La production et la consommation de viande sont l’un des principaux contributeurs au réchauffement climatique, à l’extinction des espèces sauvages et à l’usage excessif d’eau. Les Européens et les Américains devraient consommer moins de produits carnés, mais, jusqu’à présent, ils n’en prennent pas le chemin. Si nous voulons continuer à manger de la même façon qu’aujourd’hui, nous devons trouver des méthodes de production bien plus efficaces.

2. Quelle est la promesse de la viande cultivée ?

La viande cultivée, c’est de la vraie viande. Ce n’est pas un substitut chimique ou végétal, c’est de la vraie viande. Mais au lieu de provenir du corps d’un animal, qui doit ensuite être abattu, elle provient uniquement de ses cellules souches. C’est sans doute la meilleure alternative à l’élevage industriel. Elle nous permet d’obtenir un même produit à un coût environnemental bien moins important. De la même façon qu’il nous faut une énergie propre, il nous faut des protéines propres. J’ai écrit ce livre dans le but de montrer qu’une solution existe et que c’est déjà une réalité.

3. La viande cultivée peut-elle encore être considérée comme une nourriture naturelle ?

En tout cas, elle est plus saine et plus sûre que la nourri- ture que nous consommons. La façon dont nous produisons de la viande aujourd’hui est tout sauf naturelle… Dans les élevages actuels, beaucoup d’animaux sont génétiquement sélectionnés pour grandir le plus rapidement possible, ils sont gavés de médicaments et d’antibiotiques, ils vivent dans des conditions misérables, sans jamais voir la lumière du jour. Rien de ce que nous mangeons n’est naturel en soi. Quand on voit à quel point nos méthodes de production actuelles sont inhumaines, la transformation de cellules souches en viande m’apparaît comme l’option la plus naturelle. C’est une façon plus souhaitable de produire de la viande.

Clean Meat. Comment la viande de culture va révolutionner notre alimentation, par Paul Shapiro, éd. Luc Pire, 304 p.

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